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29/12/2007
Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt
La fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt (F.I.C.I.B.) est une association qui s'est donnée comme objectifs d'organiser, de soutenir et de susciter toute action, manifestation et prise de position locale, nationale ou internationale tenant à la libération d’Ingrid Betancourt, de Clara Rojas et de tous les otages détenus en Colombie.
Sa vocation est de regrouper toutes les personnes qui veulent collaborer à la réalisation de ces objectifs dans le respect d'une charte éthique qui est la base de notre mouvement.
Les membres de cette association mènent leurs actions de manière concertée, dans le cadre de campagnes communes menées en général sur un plan international.
Il s’agit d’une association de droit français, mais elle regroupe également, et est ouverte à des comités ou des associations situées dans d'autres pays.
L' association est ouverte à la fois aux comités déjà localement organisés en association, et aux comités "informels". Les affiliations de type individuel ne sont par contre pas admises (les sympathisants individuels qui veulent rejoindre la fédération sont invités à s’affilier à une association ou à un comité existant).
Les statuts ont été déposés en France le 16 février 2005, et publiés au journal officiel le 26 mars 2005.

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27/12/2007
Le BAISER
Germain NOUVEAU (1851-1920)
(Recueil : Valentines)

Le baiser (III)
" Tout fait l'amour. " Et moi j'ajoute,
Lorsque tu dis : " Tout fait l'amour " :
Même le pas avec la route,
La baguette avec le tambour.
Même le doigt avec la bague,
Même la rime et la raison,
Même le vent avec la vague,
Le regard avec l'horizon.
Même le rire avec la bouche,
Même l'osier et le couteau,
Même le corps avec la couche,
Et l'enclume sous le marteau.
Même le fil avec la toile
Même la terre avec le ver,
Le bâtiment avec l'étoile,
Et le soleil avec la mer.
Comme la fleur et comme l'arbre,
Même la cédille et le c,
Même l'épitaphe et le marbre,
La mémoire avec le passé.
La molécule avec l'atome,
La chaleur et le mouvement,
L'un des deux avec l'autre tome,
Fût-il détruit complètement.
Un anneau même avec sa chaîne,
Quand il en serait détaché,
Tout enfin, excepté la Haine,
Et le coeur qu'Elle a débauché.
Oui, tout fait l'amour sous les ailes
De l'Amour, comme en son Palais,
Même les tours des citadelles
Avec la grêle des boulets.
Même les cordes de la harpe
Avec la phalange du doigt,
Même le bras avec l'écharpe,
Et la colonne avec le toit.
Le coup d'ongle ou le coup de griffe,
Tout, enfin tout dans l'univers,
Excepté la joue et la gifle,
Car... dans ce cas l'est à l'envers...
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C’est officiel : Bush n’avait jamais été élu !
Incroyable :
lu sur AGORAVOX
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=3...
C’est officiel : Bush n’avait jamais été élu ! La nouvelle est venue de l’Ohio ce 15 décembre dans une relative indifférence. On se souvient que lors des dernières élections en 2004, cet Etat avait joué un rôle-clé, Kerry pouvant encore l’emporter si l’Ohio versait démocrate. Cela ne fut pas le cas, mais très vite, lors de la soirée même d’élection, des voix s’étaient fait entendre pour accuser le clan Bush de trucage et de malversations. Le soir même, alors que l’issue est encore incertaine et que les blogs passent la soirée à comparer les sondages au sortir des urnes aux résultats qui apparaissent sur les téléviseurs, le monde s’inquiète. W. Bush pas vraiment: il sait qu’il va gagner. Et pour cause.
C’est la deuxième fois que ça se produit, l’élection de 2000 ayant vu l’épisode épique du recomptage des fiches cartonnées de la Floride occuper plusieurs semaines les écrans américains. Pour mémoire, le perdant c’était le nouveau prix Nobel, Al Gore, qui avait donc lui aussi était... élu président des Etats-Unis ! Bush, le lendemain de sa seconde élection avait surpris les commentateurs en montrant une étrange quiétude, dans son ranch, la même qu’il affichera au fond d’une école pendant les attentats contre le WTC. Bush sait quelque chose, mais ne peut dire quoi. En l’occurence pour l’Ohio que son ami Diebold a mis en place des machines à voter qui, quoi qu’il arrive, lui assurent d’être élu. Les machines étaient vérolées, tout le monde s’en doutait. Mais aujourd’hui, on en a la preuve formelle. C’est Jennifer Brunner, la nouvelle responsable du vote dans l’Etat de l’Ohio, qui le dit ce jour, elle qui restera peut être dans l’Histoire pour affirmer que si le matériel dont elle a la charge n’est pas assez sûr pour fonctionner en 2008, cela revient à dire qu’en 2004 cela ne l’était pas plus, et que par conséquent l’élection en Ohio a été flouée. Et la présidentielle avec."It was worse than I anticipated" ("c’est pire que prévu"), dit-elle aujourd’ui à propos des cinq modèles différents de machines à voter installés dans l’Etat. Tous les moyens de fraude découverts par Mme Brunner avaient été détectés depuis longtemps par des activistes tels BradBlog et BlackBox, et raillés en direct avec brio par John Stewart , lors d’une émission restée culte du Daily Show avec l’ineffable John Hogman, que d’aucuns connaissent ailleurs.
"At polling stations, teams working on the study were able to pick locks to access memory cards and use hand-held devices to plug false vote counts into machines. At boards of election, they were able to introduce malignant software into servers." Les votes, dans le système Diebold, étaient stockés sur des cartes PCMCIA verrouillées par une clé du modèle de ceux qui figurent sur les bars de chambre d’hôtel, à savoir un modèle répandu partout et copiable à n’importe quelle échoppe du coin. Le remplacement en 15 secondes de cette carte par un autre modèle muni d’un logiciel faisant 4 lignes de code seulement était capable de modifier tous les décomptes, en faveur de tel ou tel candidat. La démonstration a été faite également par BradBlog.
Le soir, les camionnettes pick-up qui ramassaient les cartes les entassaient dans des sacs type sac de sport non fermés, sans aucun scellé, à l’arrière, le véhicule portant un superbe autocollant de soutien à la campagne de W. Bush. La feuille d’émargement des bureaux de vote, contenant en filigrane le logo de l’Etat ou un insigne fédéral avait été remplacées par de simples photocopies. Bref, les deux élections consécutives de W. Bush ont été entachées de graves malversations, dont l’Ohio a été l’endroit privilégié, l’Etat étant un pion obligatoire sur l’échiquier de la conquête électorale et de la statégie républicaine.
Trois ans après les faits, on apprend donc que ce ne sont pas les urnes qui ont porté W. Bush au pouvoir, mais les ordinateurs. Brunner propose purement et simplement de remplacer dans 50 des 88 comtés de l’Ohio TOUTES les machines de type Diebold et consorts, et de les remplacer par des modèles à scanner, qui liront le vote effectué sur une feuille remplie à la main par le votant. C’est un gigantesque pas en arrière, au coût exhorbitant, mais nécessaire selon elle pour respecter pleinement le droit de vote, floué en Ohio. Comme ailleurs. Brunner a en fait mis trois ans pour amasser toute les preuves d’une forfaiture manifeste, celle de son prédécesseur, J. Kenneth Blackwell, responsable de la tenue des élections en 2004 pour tout l’Etat alors qu’il était vice-président de la direction de la campagne de W. Bush en Ohio. Il avait été en 2000 en Floride "principal electoral system adviser’’ pour l’équipe Bush durant le recompte en Floride. En 2004, il a vainement tenté de devenir gouverneur de l’Ohio, avant d’être distancé par un démocrate.
Le travail de Brunner a d’abord consisté à prendre en compte les plaintes d’électeurs, dont celles du comté de Cuyahoga County, qui inclut la ville de Cleveland, dans lequel des employés chargés du décompte des voix avaient manifestement et maladroitement trafiqué les résultats. Ils n’étaient pas les seuls, car dans d’autres W. Bush s’est retrouvé à deux reprises avoir plus de voix à lui seul que d’inscrits. A côté, Jean Tiberi, à Paris, a joué voici quelques années dans la catégorie des poids mouches. Le décompte des votes a été extrêmement difficile à établir, voire impossible : Blackwell, avant de quitter son poste, avait tout simplement détruit les récépissés de vote de 56 des 88 comtés en Ohio. "Accidentellement" bien entendu, selon la thèse officielle. Les preuves auraient dû être gardées pendant 22 mois après l’élection, selon la loi fédérale.
Un juge chargé de l’affaire n’hésitant pas à dire "but the rule of law says that when evidence is destroyed it creates a presumption that the people who destroyed evidence did so because it would have proved the contention of the other side". A savoir que ceux qui ont détruit l’on fait sciemment, pour cacher leurs manigances et la preuve surtout que le parti adverse l’avait emporté ! Parmi celles-ci, la découverte d’étrangetés, telles que des votes accordés à Bush dans la "BibleBelt", la partie la plus conservatrice de l’Etat et qui portaient deux lignes plus loin l’acquiescement à un vote portant sur le mariage gay (on vote pour plusieurs choses en même temps aux Etats-Unis). Ou des voix venues de nulle part ayant apporté un soutien non négligeables non pas à Kerry, mais à d’obscurs candidats démocrates situés en bas des feuilles de vote, privant le premier de scores importants. La meilleure étant encore celle du comté de Warren County, où, en raison d’une hypothétique "attaque terroriste" annoncée par la CIA (au nom du Homeland Security), tous les bulletins de vote avaient été portés dans une salle qui est restée fermée plusieurs heures... avec au final la découverte de 22 000 bulletins de trop...
Ou à Clermont, où là on a utilisé une autre technique : des autocollants blancs placés sur le nom de Kerry, pour leurrer les machines à lecture optique du comté... Sans oublier les 129 000 bulletins rejetés pour diverses raisons, dont... 94 000 en provenance de bureaux de votes favorables à Kerry, qui auraient dû lui apporter selon les observateurs au moins 26 000 votes de plus. Selon d’autres observateurs, douze moyens différents de tricher ont été employés. Au total, on évalue à quelques 350 000 le nombre de bulletins volés à Kerry, qui perd au final avec 136 483 bulletins d’écart seulement.
La différence entre les prévisions, devenues comme en France efficaces à 1 ou 2 % maxi prêt, ont étonné également tous les observateurs. Selon CNN, les sondages de sortie de bureau de vote ("exit polls") (on a le droit de le faire aux Etats-Unis), donnent Kerry gagnant avec 4,2 % des votes. La petite Wonkette, l’un des plus fins observateurs de la vie politique américaine, le soir même, en direct, annonce exactement la même chose, et affirme que Kerry a déjà gagné. Pour elle, c’est plié... mais très vite elle constate en direct à la télévision que que les "fromages" Excel changent de sens, et s’en inquiète en direct. Bush l’emporte le lendemain avec 2,5 % d’avance, ce qui fait un écart prévisionnel de 6,7 %, ce qui semble tout simplement impossible.
Les nouveaux votants aussi sont en nombre extraordinaire, et ce, dans trois comtés principalement. à Warren County, qui a vu sa population croître de 14,75 % par rapport à 2000, le nombre de nouveaux électeurs passe à 29,66 %. La marge des bulletins de Bush y passe de 29 176 votes à 41 124 votes. A Clermont County, la population augmente de 4,39 %, et le nombre de votants de 10,20 % : le nombre de bulletins pour Bush passe de 26 202 votes à 36 376 votes. Enfin à Butler County qui n’augmente que de 3,12 % sa population, les votants passent à 10,06 % de plus, et les votes pro-Bush de 40 197 votes à 52 550 votes. Au total, sur trois comtés seulement, Bush engrange 130 050 voix de différence... alors qu’il emporte l’Ohio avec 136 483 votes d’écart seulement...
Dans cette découverte sensationnelle, on notera au passage qu’il n’y a eu aucune théorie de complot, simplement des preuves retrouvées après de longues vérifications. Mais ces découvertes, qui posent le problème de la légitimité même de la présence au sommet de l’Etat de W. Bush en appellent automatiquement d’autres : un homme qui a réussi à deux reprises à tromper autant ces concitoyens peut aller encore plus haut dans l’abject. Y compris celle de tout faire pour arriver à ces fins, quel que soit l’obstacle. En 2001, W. Bush souhaite entrer en guerre par tous les moyens contre Saddam Hussein. N’y arrivant pas, il va d’abord créer le mythe des armes de destruction massive, en créant si besoin était de fausses preuves. Un article récent d’Agoravox nous a montré ce long cheminement médiatique pour influer sur l’opinion américaine, et y arriver en définitive. Y arriver grâce à un événement extraordinaire, l’effondrement du World Trade Center.
Maintenant, à vous de savoir si un président, qui a manipulé à ce point la démocratie en réussissant à se faire sacrer deux fois sans avoir gagné réellement, est digne de confiance quand il nous balance des explications abracadabrantesques sur d’extraordinaires pilotes après 20 heures de leçon seulement sur un simple Cessna, qui deviennent capables de voler en rase-mottes avec un engin de plus de cent tonnes, ou de réussir à viser en pleine ville des tours après avoir réussi un arrondi parfait à 650 km/h, malgré les vents tourbillonnants et l’absence de guidage au sol ? Ce qu’ils ont fait, aucun pilote ne l’aurait fait, pour paraphraser Guillaumet.
Personnellement, comme pour la récente affaire iranienne, j’ai toujours eu du mal à faire confiance à ce président-menteur en chef. Cet homme a toujours menti, depuis le début. Ceux qui croient encore à sa reconversion religieuse et à son abstinence alcoolique en seront bientôt pour leur frais eux aussi. W. Bush restera dans l’Histoire comme le président du mensonge. C’est désormais indéniable. Pire : ça vient juste d’être prouvé.
21:05 Publié dans Brèves de Comptoir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23/12/2007
FRANK ZAPPA

Un reportage en anglais , bigrement interessant sur Frank Zappa :
http://www.stage6.com/Get-Zapped/video/1471631/FRAN...
et un site en français :
18:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/12/2007
Paul Personne

Pour ceux qui aiment le doux son d'une Gibson .... Paul Personne dans ses oeuvres :
18:59 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18/12/2007
Blues
Hoochie Coochie Man
Muddy Waters / Willie Dixon
Gypsy woman told my momma, before I was born
You got a boy-child comin', gonna be a son-of-a-gun
Gonna make these pretty women, jump and shout
And the world will only know, a-what it's all aboutY'know I'm here
Everybody knows I'm here
And I'm the hoochie-coochie man
Everybody knows I'm hereOn the seventh hour, of the seventh day,
on the seventh month, the seventh doctor said:
"He's born for good luck, and I know you see;
Got seven hundred dollars, and don't you mess with meY'know I'm here
Everybody knows I'm here
And I'm the hoochie-coochie man
Everybody knows I'm hereGypsy woman told my momma
Said "Ooh, what a boy,
he gonna make so many women,
jump and shout for joy"Y'know I'm here
Everybody knows I'm here
And I'm the hoochie-coochie man
Everybody knows I'm hereGypsy woman told my momma, before I was born
You got a boy-child comin', gonna be a son-of-a-gun
Gonna make these pretty women, jump and shout
And the world will only know, a-what it's all aboutY'know I'm here
Everybody knows I'm here
And I'm the hoochie-coochie man
Everybody knows I'm hereAdditional 2nd verse from original 1954 Muddy Waters take:
I got a black cat bone, I got a mojo too
I got John the Conqueror, I'm gonna mess with you
I'm gonna make you, pretty girl, lead me by the hand
Then the world will know, the Hoochie-Coochie Man
par Paul Personne et Patrick Verbeke :
http://www.patrick-verbeke.com/http://www.paulpersonne.fr/
17:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
amicalement blues
17:25 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13/12/2007
Ingrid Betancourt soutien
Ce clip de soutien est tout en contraste.
Ingrid Betancourt, 9 jours avant son enlèvement : Avec les autres candidats à l'élection présidentielle colombienne, elle rencontre les FARC et leur demande de cesser les prises d'otages.
Ingrid, 6 ans après son enlèvement : Accablée et épuisée par sa prise d'otage, il faut agir et se mobiliser pour sa libération.
Mobilisez-vous, participez aux actions, signez la pétition sur www.agirpouringrid.com
17:35 Publié dans Brèves de Comptoir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03/12/2007
Ingrid Betancourt

Une des photos d’Ingrid Betancourt, rendue publique par la présidence colombienne.
Retrouvez des larges extraits de la lettre de 12 pages adressée par Ingrid Betancourt à sa famille.
« C’est un moment très dur pour moi. Ils demandent des preuves de vie brusquement et je t’écris mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimenté, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités
Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs. Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité intellectuelle. Je continue à espérer qu’au moins par compassion, ils m’en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser.
Chaque chose est un miracle, même t’entendre chaque matin car la radio que j’ai est très vieille et abîmée.
Je veux te demander, Mamita Linda, que tu dises aux enfants qu’ils m’envoient trois messages hebdomadaires (...). Rien de transcendant si ce n’est ce qui leur viendra à l’esprit et ce qu’ils auront envie d’écrire (…). Je n’ai besoin de rien de plus mais j’ai besoin d’être en contact avec eux. C’est l’unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne m’importe plus(…).
Comme je te disais, la vie ici n’est pas la vie, c’est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d’une moustiquaire et avec une tente au dessus, qui fait office de toit et me permet de penser que j’ai une maison.
J’ai une tablette où je mets mes affaires, c’est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courrant. Ici rien n’est à soi, rien ne dure, l’incertitude et la précarité sont l’unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l’ordre de tout ranger [pour partir] et chacun doit dormir dans n’importe quel renfoncement, étendu n’importe où, comme n’importe quel animal (…). Mes mains suent et j’ai l’esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu’à la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils me le prennent, comme le jeans que Mélanie m’avait offert pour Noël, que je portais quand ils m’ont pris. L’unique chose que j’ai pu garder est la veste, cela a été une bénédiction, car les nuits sont gelées et je n’ai eu rien de plus pour me couvrir.
Avant, je profitais de chaque bain dans le fleuve. Comme je suis la seule femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise, bottes. Avant j’aimais nager dans le fleuve mais maintenant je n’ai même plus le souffle pour. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l’eau. Moi qui aimais tant l’eau, je ne me reconnais pas. (…) Mais depuis qu’ils ont séparé les groupes, je n’ai pas eu l’intérêt ni l’énergie de faire quoi que ce soit. Je fais un peu d’étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.
Avec les exercices d’étirement, le split et autres, je parviens à détendre un peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d’une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans, est un problème (…). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous chérissons le plus. Une lettre de toi qui m’était arrivée, m’a été prise après la dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d’Anastasia et Stanislas [neveux d’Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo, le scapulaire de mon papa, un programme de gouvernement en 190 points, ils m’ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Certains détails t’ont été racontés par Pinchao. Tout est dur.
Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l’eau, qui ne me laissent pas couler dans l’oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et mes petits garçons, Fab [Fabrice Delloye], Tata Nancy et Juanqui [Juan Carlos, son mari].
Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures... c’est vivre et mourir à nouveau.
Pendant des années, je n’ai pas pu penser aux enfants et la douleur de la mort de mon papa accaparait toute la capacité de résistance. Je pleurais en pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me disais : « Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser ni même penser ». Je suis presque devenue folle avec la mort de mon papa. Je n’ai jamais su comme cela s’est passé, qui était là, s’il m’a laissé un message, une lettre, une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment, a été de pensé qu’il est parti confiant en Dieu et que là-bas, je le retrouvera pour le prendre dans mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n’ai pas vu de messages jusqu’à ce qu’il me mette dans le groupe de [l’otage] Lucho, Luis Eladio Pérez, le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons été séparés en août. Mais durant ce temps, il a été mon soutien, mon écuyer, mon frère (…).
J’ai en mémoire l’âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je leur chante le « Happy Birthday ». Je demande à ce qu’ils me laissent faire une gâteau. Mais depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la réponse est non. Ca m’est égal, s’ils amènent un biscuit ou une soupe quelconque de riz et de haricot, ce qui est habituel, je me figure que c’est un gâteau et je leur célèbre dans mon cœur, leur anniversaire.
A ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j’aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (…). Et si je devais mourir aujourd’hui, je partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis heureuse pour ton master à New York. C’est exactement ce que je t’aurais conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT. Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (...). Je ne vais pas même me fatiguer à insister auprès de Loli [Lorenzo] et Méla qu’ils n’abandonnent pas avant d’avoir leur doctorat. J’aimerais que Méla me le promette.
(...) Mélanie, je t’ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que moi, une sorte de meilleure version de ce que j’aurais voulu être. C’est pourquoi, avec l’expérience que j’ai accumulé dans ma vie et dans la perspective que donne le monde vu à distance, je te demande, mon amour, que tu te prépares à arriver au sommet.
A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon chief musician qui me chante et m’enchante, au maître de mon coeur, je veux dire que depuis qu’il est né jusqu’à aujourd’hui, il a été ma source de joies. Tout ce qui vient de lui est du baume pour mon coeur, tout me réconforte, tout m’apaise, tout me donne plaisir et placidité (...). J’ai enfin pu entendre sa voix, plusieurs fois cette année. J’en ai tremblé d’émotion. C’est mon Loli, la voix de mon enfant, mais il y a déjà un autre homme sur cette voix d’enfant. Un enrouement d’homme-homme, comme celle de mon papa (…). L’autre jour, j’ai découpé une photo dans un journal arrivé par hasard. C’est une propagande pour un parfum de Carolina Herrera « 212 Sexy men ». On y voit un jeune homme et je me suis dit : mon Lorenzo doit être comme ça. Et je l’ai gardé.
La vie est devant eux, qu’ils cherchent à arriver le plus haut. Etudier est grandir : non seulement par ce qu’on apprend intellectuellement, mais aussi par l’expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère de service d’autrui, où l’ego se réduit à su plus minime expression et où on grandit en humilité et force morale. L’un va avec l’autre. C’est cela vivre, grandir pour servir (…).
A mon Sébastien [fils du premier mariage de Fabrice Delloye], mon petit prince des voyages astraux et ancestraux. J’ai tant à te dire ! Premièrement, que je ne veux pas partir de ce monde sans qu’il n’ait la connaissance, la certitude et la confirmation que ce ne sont pas deux, mais trois enfants d’âme, que j’ai (…). Mais avec lui, je devrais dénouer des années de silence qui me pèsent trop depuis la prise d’otage. J’ai décidé que ma couleur favorite était le bleu de ses yeux (…). Si je venais à ne pas sortir d’ici, je te l’écris pour que tu le gardes dans ton âme, mon Babon adoré, et pour que tu comprennes, ce que j’ai compris quand ton frère et ta sœur sont nés : je t’ai toujours aimé comme le fils que tu es et que Dieu m’a donné. Le reste ne sont que des formalités.
(…) Je sais que Fab a beaucoup souffert à cause de moi. Mais que sa souffrance soit soulagée en sachant qu’il a été la source de paix pour moi. (…) Dis à Fab que sur lui, je m’appuis, sur ses épaules, je pleure, qu’il est mon soutien pour continuer à sourire de tristesse, que son amour me rend forte. Parce qu’il fait face aux nécessités de mes enfants, je peux cesser de respirer sans que la vie ne me fasse tant mal. (…)
A mon Astrica, tant de choses que je ne sais par où commencer. Tout d’abord, lui dire que « sa feuille de vie » m’a sauvé pendant la première année de prise d’otage, pendant l’année de deuil de mon papa (…). J’ai besoin de parler avec elle de tous ces moments, de la prendre dans mes bras et de pleurer jusqu’à ce que se tarisse le puits de larmes que j’ai dans mon cœur. Dans tout ce que je fais dans la journée, elle est en référence. Je pense toujours, « ça, je le faisais avec Astrid quand nous étions enfants » ou « ça, Astrid le faisait mieux que moi ». (…) Je l’ai entendu plusieurs fois à la radio. Je ressens beaucoup d’admiration pour son expression impeccable, pour la qualité de sa réflexion, pour la domination de ses émotions, pour l’élégance de ses sentiments. Je l’entends et je pense « Je veux être comme ça » (…). Je m’imagine comment vont Anastasia et Stanis. Combien cela m’a fait mal qu’ils me prennent leurs dessins. Le poème d’Anastasia disait « par un tour du sort, par un tour de magie ou par un tour de Dieu, en trois années ou trois jours, tu seras de retour parmi nous ». Le dessin de Stanis était un sauvetage en hélicoptère, moi endormie et lui en sauveur.
Mamita, il y a tant de personnes que je veux remercier de se souvenir de nous, de ne pas nous avoir abandonné. Pendant longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne sommes pas une thème « politiquement correct », cela sonne mieux de dire qu’il faut être fort face à la guérilla même s’il faut sacrifier des vies humaines. Face à cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n’est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc, mais plutôt le fruit de la grandeur d’âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas [municipalités demandées par les FARC pour la zone démilitarisée]. Beaucoup d’intérêts économiques et politiques qui considéraient être supérieurs à la vie et à la liberté d’une poignée de noirs. Mais Lincoln a gagné et il reste imprimé sur le collectif de cette nation, la priorité de la vie de l’être humain sur quelque autre type d’intérêt.
En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés.
Mais il y a beaucoup de personnes que je voudrais remercier car ils ont contribué à réveiller les esprits et à faire grandir la Colombie. Je ne peux pas tous les mentionner [elle cite alors l’ex président Lopez et « en général, tous les ex présidents libéraux », Hernan Echevarria, les familles des députés du Valle, Monseigneur Castro et le Père Echeverri].
Mamita, hélas, ils viennent demander les lettres. Je ne vais pas pouvoir écrire tout ce que je veux. A Piedad et à Chavez, toute, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur cœur, que je sais grand et valeureux. [elle dédie alors un paragraphe de remerciements à Chavez, Alvaro Leyva, Lucho Garzon [ancien maire de Bogota] et Gustavo Petro, puis mentionne des journalistes].
Mon cœur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s’est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenu et consolé.
Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts.
(...) Je sais que ce que nous vivons est plein d’inconnues, mais l’histoire a ses temps propres de maturation et le président Sarkozy est sur le Méridien de l’Histoire. Avec le président Chavez, le président Bush et la solidarité de tout le continent, nous pourrions assister à un miracle.
Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire, mais je voudrais qu’ils ressentent que ce qu’ils ont faire pour nous, fait la différence. Nous nous sommes sentis des êtres humains (...).
Mamita, j’aurais plus de choses à dire. T’expliquer que cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de Clara et de son bébé (…). Bon, Mamita, que Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous recouvre. Pour toujours et à jamais.
Extraits sélectionnés et traduits par le comité de soutien d’Ingrid Betancourt.
http://www.ingridbetancourt-idf.com/base/
et celui-ci :
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un album blues à la française des deux compères !!!!

